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De quoi nous souvenons-nous de nos années passées au collège et au lycée?

ARTICLE DE CECILE PROKOP, membre de l’école Sudbury lilloise

Quelles connaissances en avons-nous gardées?

Parmi ces connaissances, lesquelles nous sont utiles dans notre vie d’adulte?

Lors d’un entretien d’inscription, la mère d’une future élève de l’École Sudbury Lilloise a eu cette réflexion: « Au début, quand j’ai découvert l’approche Sudbury, je me suis dit, ouh la la, qu’est-ce que c’est que ça ! Pas de cours ?!  Et puis, en y réfléchissant, ça m’a paru pertinent. Parce que je ne me souviens presque plus de ce que j’ai appris au collège et au lycée ! À quoi ça a servi d’apprendre tout ça ?»

Les connaissances utilisées à l’âge adulte, d’où viennent- elles ?

Le but principal de l’école, c’est de contribuer à ce que l’enfant devienne un adulte qui trouve sa place dans la société dans laquelle il vit. Un des composants d’une vie d’adulte est de trouver un revenu, le plus souvent sous la forme d’un métier. Et, pour exercer un métier, de nombreuses connaissances sont nécessaires.

C’est en grande partie pour pouvoir exercer un métier et disposer d’une culture générale que l’école à pédagogie classique impose un programme comme elle le fait.

Mais, parmi les connaissances utilisées à l’âge adulte, pour la profession ou pour les loisirs, quelle est la proportion de connaissances et de compétences qui provient :

– des cours reçus au collège et au lycée ?

– des études post-bac ?

– des recherches personnelles ?

– de l’expérience pratique ?

Les cours reçus au collège et au lycée, en général, sont largement minoritaires parmi les pourvoyeurs de connaissances durables.

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L’oubli

De fait, nous oublions tous une grande partie de ce que nous avons appris. C’est normal.

Pourquoi se souvient-on de certaines choses et pas d’autres ?

En deux mots : intérêt et utilité.

On se souvient de quelque chose si cela a provoqué un intérêt en nous, ou si cela nous est utile. Sinon, à quoi bon s’en souvenir ?

Or, la définition de ce qui est intéressant ou utile varie d’une personne à l’autre! N’étant ni intéressantes ni utiles pour tout le monde, la plus grande partie des connaissances accumulées au collège et au lycée sont oubliées assez rapidement.

Alors, pourquoi forcer quelqu’un à apprendre quelque chose qu’il oubliera aussi vite, et dont il n’aura probablement pas besoin pour son métier ou les autres domaines de sa vie? Pourquoi forcer tout le monde à apprendre la même chose (ou presque), alors que très peu de connaissances sont utiles et/ou intéressantes pour tous ?

Programme or not programme ?

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Pour tenter de redéfinir la notion de « connaissances nécessaires », nous pouvons passer par quelques postulats :

On apprend le mieux ce pour quoi on est le plus curieux, on fait le mieux ce qu’on a le mieux appris, et la société bénéficie le plus de ce que les gens font le mieux.

L’enfant est curieux, il cherche à apprendre constamment, il veut s’intégrer à la société dans laquelle il évolue et il veut pour cela s’approprier les outils de sa culture (comme le langage, la lecture, les outils numériques, etc.) S’il est dans un environnement où il est respecté et où le cadre est clair et équitable, cet élan de découverte, de compréhension et d’appropriation du monde continuera de se développer et de se complexifier avec l’âge de l’enfant.

Ainsi, plutôt que de forcer tout le monde à apprendre les mêmes choses, nous préférons laisser l’accès libre à la multitude d’activités qui existent. Chacun se consacre aux activités qui font sens pour lui, de par leur intérêt ou leur utilité.

L’élan naturel d’apprentissage de l’enfant et sa volonté de devenir un adulte autonome le mènent d’une part, à apprendre les connaissances de base à travers ses activités quotidiennes, et d’autre part, à approfondir les sujets qui l’intéressent. Il développe ses compétences uniques, en ayant le temps de se consacrer aux activités qui sont intéressantes et/ou utiles pour lui.

Des chercheurs comme Peter Gray ont noté que les activités auxquelles les jeunes se consacraient durant leur scolarité dans des environnement plus libres que les écoles à pédagogie classiques sont souvent des points communs avec le métier exercé plus tard.

Les jeunes auront tout simplement plus de temps et plus d’opportunités durant leur scolarité de se consacrer à des activités qui leur seront utiles pour leur vie adulte.

Source
Cécile Prokop - "J’ai presque tout oublié !"

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