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Curiosité et soif d’apprendre

Les être humains viennent au monde avec des pulsions instinctives d’auto-éducation. Celles-ci les poussent à apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir pour prendre pleinement leur place au sein de leur culture. Ces pulsions sont la curiosité, l’esprit ludique et la sociabilité. La curiosité leur donne envie d’explorer et de comprendre, l’esprit ludique de s’exercer et de créer, la sociabilité de partager des informations et des idées.

De nombreuses sources viennent appuyer notre affirmation :

  • Carl Rogers, psychologue américain fondateur de l’approche centrée sur la personne et de la pédagogie non-directive, établit son étude autour de l’idée que “les êtres humains ont en eux une capacité naturelle d’apprendre.”
  • Peter Gray, psychologue du développement et directeur de recherche au Boston College écrit : «…les enfants viennent au monde biologiquement programmés pour s’instruire par eux-mêmes ». Il ajoute : « De même qu’ils naissent avec des instincts les poussant à manger et à boire ce dont ils ont besoin pour survivre, ils viennent au monde avec des pulsions instinctives d’auto-éducation. Celles-ci les poussent à apprendre ce qu’ils ont besoin de savoir pour prendre pleinement leur place au sein de leur culture, leur permettant ainsi de survivre. Ces pulsions instinctuelles au sens large sont la curiosité, l’esprit ludique et la sociabilité. » Il précise ensuite que « En grandissant, la curiosité des enfants ne diminue pas, mais l’exploration qu’elle motive prend des formes de plus en plus sophistiquées. »
  • John Holt, éducateur et écrivain américain, pionnier dans la défense des droits des enfants, écrit : “S’il y a une chose dont on peut être sûr, c’est que les enfants ont un désir passionné de comprendre tout ce qu’ils peuvent du monde, même ce qu’ils ne peuvent ni voir ni toucher. Ils ont le désir d’acquérir autant que possible des aptitudes, des compétences et de s’en servir. Or, ce désir, ce besoin de comprendre le monde et d’y accomplir des choses – les choses que font les grandes personnes – est tellement fort que nous pourrions le qualifier de physiologique. Ce besoin est tout aussi puissant que celui de nourriture, de chaleur, de réconfort, de sommeil, d’amour et de sécurité. Au fond, je pense même qu’on pourrait aller jusqu’à dire que ce besoin est plus fort que tous les autres. Un enfant affamé, même un bébé qui expérimente la faim comme une véritable douleur, arrêtera de manger, de téter ou de boire si quelque chose d’intéressant se produit, parce que ce petit enfant veut voir ce que c’est. Cette curiosité, ce désir de donner un sens aux choses est au cœur de l’espèce humaine.”
  • Chercheur en sciences de l’éducation à l’université de Londres, Alan Thomas considère que « Les enfants vont apprendre ce qu’ils ont besoin d’apprendre. Ils vont apprendre ce qu’ils ont besoin d’apprendre dans la culture dans laquelle ils sont. En d’autres termes […], “nous sommes prédisposés à apprendre notre culture”. Donc si cette culture comprend des éléments intellectuels (mathématiques de base, savoir bien s’exprimer, apprendre à lire), alors ces connaissances s’acquerront ».

Source
Perspectives : revue trimestrielle d’éducation comparée (Paris, UNESCO : Bureau international d’éducation), vol. XXIV, n° 3/4, 1994 (91/92), p. 429-442. ©UNESCO : Bureau international d’éducation, 2000Peter Gray - Libre pour apprendre : libérons nos enfants pour qu’ils retrouvent le bonheur et la confiance en eux (coédition Acte Sud)John Holt, Les apprentissages autonomes, Comment les enfants apprennent sans enseignement, traduction de Learning all the time, Éditions l’Instant Présent, p. 48. Voir aussi la traduction du livre de John Holt, Instead of education, ways to help people do things better, chez le même éditeur, 2012Alan Thomas in Apprentissage auto-géré et instruction à la maison : une pers- pective européenne, Leslie Safran Barson (sous la dir. de), Educational Heretics Press, 2006, p. 67.

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